Histoire

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Le nom de la ville provient de vicus, village où se tient le marché, et Fidentia, hypothétique propriétaire gallo-romain qui aurait donné son nom à la seigneurie dès le VIII ème siècle.

La présence humaine sur la commune est attestée dès la préhistoire, mais c’est le promontoire de Saint-Jean de Castex, au sud de la ville, qui révèlera le premier habitat dès l’âge du fer. Cet oppidum, lieu fortifié d’occupation, fournira un matériel archéologique abondant et varié.

L’époque gallo-romaine, qui débute dans la deuxième moitié du 1er siècle av .J-C, nous est mieux connue après de récentes recherches. Elles révèlent l’existence du village routier (Mansio) de Bésino situé sur la voie antique Toulouse-Bordeaux, entre le cimetière et le collège, dans le quartier du Mas-Bielh.

Des établissements agricoles alentours permettaient d’approvisionner en blé Eluza, la capitale de la cité (territoire administratif) à laquelle appartenaient vraisemblablement nos prédécesseurs.

Avec les invasions barbares du Vème siècle s’ouvre une période de troubles et de destructions qui verra disparaître la plupart des réalisations apportées par la civilisation romaine. On peut penser que Bésino eut à souffrir des exactions commises par les envahisseurs venus du Nord.

En 418, l’empereur romain Honorius confie la région de Vic aux wisigoths chargés de la protéger jusqu’en 506. Les premiers chrétiens s’installent dans leur première église Saint-Pierre dans le vicus, promontoire dominant l’antique Bésino au sud.

En 508, chassé par les Francs de Clovis, les wisigoths quittent la région vers l’Espagne, le roi franc aurait alors remis le vicus et l’église à l’évêque d’Auch.

Sur un autre mamelon situé entre l’Osse à l’est et le ruisseau de Cézens au sud, va se développer une implantation militaire contrôlée par les seigneurs gascons maitres des lieux au VIIème siècle. Si l’autorité des évêques est importante, celle de ces militaires ne l’est pas moins, dualité qui alimentera pendant des siècles un conflit entre ces deux puissances.

Ce castrum sera le principal centre du comté de Fezensac, la première forteresse en bois apparait en 818 sous le Comte Lieutard.

La sauveté et le Castelnau

Au début du XIème siècle Vic se présente sous une forme bipolaire, château comtal au sud et église Saint-Pierre au nord. Dès cet instant des querelles incessantes vont intervenir entre l’évêque d’Auch et les comtes de Fezensac puis d’Armagnac pour assoir leur pouvoir sur la ville.

Au XIIe et XIIIème siècles Vic s’agrandit de plusieurs quartiers ; à l’est, le « faubourg de Judée » ou « barry de la Losse » ; à l’ouest, les « capots », réservés aux lépreux et à leurs descendants. Le parsan de la « Porte Dessus » est traversé d’est en ouest par la « gran carrero », rue Cassaignolles alors artère principale de la ville. Au centre se développe peu à peu le quartier « Marcadère » où s’élèvera plus tard entre les deux blocs fortifiés une halle (1426) servant aussi de maison commune. Le tour de ce terrain vague se construit, et en 1648, apparaitront des arcades donnant à l’ensemble l’aspect d’une bastide. Au nord-est du vicus s’étend le secteur dit « de l’hôpital » (Saint-Jacques) s’ouvrant à l’est par la « porte Débat ». Ce nouvel ensemble muré et fortifié s’entoure de fossés que nos rues actuelles recouvrent.

Le nouveau pouvoir détenu par des consuls issus de la bourgeoisie marchande et artisanale locale, bénéficie d’anciennes coutumes orales, confirmées en 1379 par le Comte Jean II.

L’église participe aussi de cette expansion avec le développement du monastère de Notre Dame, ancien hôpital sur le chemin jacquaire, érigé en « grange », avec collégiale.

En 1369, les vicois chassent la garnison anglaise seul de leur ville. Peut-être est-ce la cause de la présence d’une fleur de lys d’or sur le blason de Vic…

En 1383, le couvent des Cordeliers est édifié proche du château comtal, avec son église dédiée à Notre-Dame de la Bonne Espérance. Conservée pendant les guerres de religion, elle sera tour à tour prise par les huguenots et les catholiques.

En 1569, le comte de Montgoméry, chef de guerre protestant entre dans Vic et détruit les Cordeliers, sauf la chapelle qui devint temple, crève ensuite les voûtes de la collégiale Saint-Pierre, met le feu au reste, brûle toutes les archives et saisit tous les biens des ecclésiastiques.

Les catholiques reprennent la ville en 1580, que les protestants reprendront en entrant par une brèche dans la muraille du faubourg de Losse (rue de la Brèche). Les catholiques la délivrent une deuxième fois en 1585, mais retombera entre les mains protestantes du chef Parrabère qui reste deux ans, repoussant les attaques des ligueurs commandés par Bastard.

Au total, la ville a dû soutenir huit sièges en vingt ans.

Le XVIème siècle et le XVIIème siècle est marqué par un certain développement économique de la ville, mais sera par la suite marqué par la pression fiscale royale, aggravée de calamités naturelles et par la peste (1630-1631). Les conséquences démographiques en seront très sévères.

L’année 1660 est marquée par un événement d’importance : le passage à Vic du roi Louis XIV se rendant à la frontière espagnole prendre épouse. En ce jour d’avril, tout le cortège royal fait étape dans notre cité où toutes les bonnes maisons sont réquisitionnées pour faire coucher la famille royale et la nombreuse suite. Le jeune monarque sera fêté à la hauteur de son rang et d’Artagnan, à la tête des mousquetaires de la garde royale, fera l’honneur de sa région natale.

La fin de l’ancien régime et la Révolution se caractérise par des querelles de personnes et de préséances quelques peu réactivées par les événements de juillet à octobre 1789, qui ne semblent pas intéresser les vicois.

La Terreur verra deux exécutions à Auch de vicois : le noble d’Areyx de Chambeau de la Téoulère et le curé non assermenté Lebbé-Larroque ; des incarcérations de girondins tels Cassaignolles, Mahome ou des assignations à résidence (Barats, Maravat). Les sans-culotte se recrutent essentiellement chez les artisans, nombreux, de la ville : Cagnieux, Escousse, Abadie, Marsan…

Biens d’église et des émigrés deviennent biens nationaux achetés par des vicois en vue : Notre -Dame revient à Maravat, le couvent des Cordeliers à Lacroix puis Mahome, la Téoulère à Meilhan, Beaulieu et la Prade à Rivière.

Certains vicois s’illustrent dans la Garde Nationale tels les généraux Delors et Cassaignolles.

Au final, les troubles révolutionnaires profiteront à la petite bourgeoisie locale qui en sera les grands bénéficiaires.

Le XIXe siècle voit la ville changer d’aspect : la place de la mairie est surélevée, le pont de Notre-Dame et la halle réparés ainsi que l’église dont les importants travaux s’achèvent en 1820. On aménage des promenades (allées Gabarrot), on plante des arbres. L’ancien couvent des Cordeliers devient un hospice très attendu. La place prend sont aspect carré avec la construction de belles maisons en pierres au nord et à l’est. Le clocher de l’église (1848) préoccupe la mairie et le conseil de Fabrique.

Les écoles privées font place à des écoles publiques de garçons, aux Capucins (1889) et de filles, rue Porteneuve.

Le siècle est marqué par la dualité politique entre républicains et bonapartistes ; chaque camp fréquente son café, son cercle, soutient sa propre société musicale… jusqu’à honorer leur propre maison close !

Les maires républicains et Bonapartistes se préoccupent d’édifier des bornes-fontaines, de carreler les arceaux, de réparer les chemins vicinaux… et de créer douze lieux d’aisances : les premiers de l’histoire vicoise !

Le XXème siècle est marqué, pour sa première partie, par la mandature du Docteur Delucq qui restera à la mairie de 1904 à 1944. Son passage verra de nombreuses réalisations se réaliser : rectification du lit de l’Osse (1911), construction du kiosque à musique (1908) par un don de la famille Drème, les travaux de la voie ferrée Auch-Eauze (1906), halle à la volaille (1937), construction de l’hôpital qui portera son nom (1922-1926), silos vicois (1933) et cave coopérative (1937)… Mais, le maire Delucq s’intéressera aussi aux arts (statues de la Bacchante et l’Enfant au Dauphin disparues en 1943) et sera l’artisan des Grandes Fêtes Gallo-Romaines de 1936.

On édifie les arènes (1931) pour faire place à celles en bois qui se trouvaient Place du Foirail. Ainsi les corridas organisées vont donner à Vic une aura nationale, tandis que les cavalcades et les festivités de Pentecôte marqueront la ville de sa renommée.

Ce maire très visionnaire s’intéresse aussi à la vie de ses administrés, avec le curé Thiard qui l’a accompagné dans la durée de son ministère. Ils seront tous deux très actifs pour secourir les familles en deuil ; la première guerre mondiale aura laissée dans les combats cent six vicois.

Le second conflit mondial verra de nombreux refugiés à Vic, notamment des lorrains de Cheminot et des familles juives cachées chez quelques familles que les vicois n’ont jamais dénoncés à la Gestapo. La résistance sera trés active et des hommes et des femmes y laisseront leur vie, éxécutés ou déportés (Julie Saint-Avit..).

Après les liesses de la libération, la préoccupation des élus restent l’eau potable : ormis quelques fontaines, l’adduction d’eau n’éxiste pas. Il faudra attendre l’année 1953, avec le maire Louis Gélas.

La ville se parre de nombreux équipements : collège et maternelle (1960), piscine (1963), stade de goulin (1954), gymnase (1967), nouvelle gendarmerie (1968) et l’ensemble nouvelle mairie-poste-perception (1969) entrainant la destruction de monuments historiques (tour de la mairie du XIVème siècle et façade de l’ancien hôtel de ville).

Le changement important de l’aspect de la ville revient à l’initiative du maire Marc Castex (1971-1989) : groupe scolaire (1969-1970), rénovation de l’église (1973), terrain de camping, rocade sud (1972-1979), agrandissement de l’hôpital (1978-1982), maison de retraite du Château Fleuri (1977), COSEC (1980)… et la modernisation de la voirie, de l’éclairage public, du réaménagement des services de secours…

De nouveaux quartiers apparaissent : Beausoleil (1960), Tivoli (1962), la Pradette (1965), lotissement Armagnac (1970), le Blanché (1973), la Hountête (1976), Cassagneux (1982), Cousteau (1987), puis le Caillou (2003) et Cauderon (2008) ; ainsi que des secteurs artisanaux comme Fagia (1966).

En cette fin du XXème et début du XXIème siècle, l’éxode rural semble stabilisé ici, mais les artisans qui ferment boutique trouvent rarement un successeur, même si le centre-ville échappe à ce constat par l’occupation principalement de banques, assurances et services.

Aujourd’hui, septième ville du département de par sa population, Vic-Fezensac continue à jouir de son aura médiatique par sa Féria de Pentecôte et son festival de salsa Tempo Latino qui attirent des milliers de visiteurs .

La vie associative y est trés riche et variée ; les nombreuses associations assurent une animation constante dans la ville.